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CHEER FRANCE

« J’ai démissionné de mon travail, car ce n’était plus compatible avec les entraînements » : les lourds sacrifices pour représenter la France au Summit Européen

Nous avons eu le plaisir d’interroger les coachs et athlètes des Reign de Villeurbanne quelques jours avant le Summit Européen qui s’est déroulé en juin 2026 à Lisbonne, au Portugal. Ils nous partagent les dessous de leur préparation de cette toute première expérience internationale. 
Image de Laëtitia Flahaut
Laëtitia Flahaut
L'équipe des Reign participent au Summit Européen.

L’annonce d’un bid international reçu lors d’une finale de compétition française de cheerleading a une saveur toute particulière. C’est souvent la cerise sur le gâteau d’une performance qui a permis de remporter la victoire et la promesse d’un voyage inoubliable en équipe. Pour les Reign de Villeurbanne, pas moins de trois de leurs équipes ont pu se qualifier : Dynasty (Open COED niv. 3), Légion (Open COED niv. 4) et Crown (U18 niv. 2). Le début d’un véritable parcours du combattant. 

Les étoiles dans les yeux

Le bid, c’est le Sésame pour pouvoir participer à une compétition internationale prestigieuse. Les Reign en ont décroché trois d’un coup après leurs passages à la compétition The Spirit Network qui avait lieu à Décine-Charpieu, près de Lyon. Cette récompense a été obtenue avec une équipe qui  « a progressivement évolué du niveau 1 pour finalement arriver au niveau 3 depuis maintenant 3 ans ». nous explique Marine, head coach des Dynasty et co-fondatrice du club. Ce travail au long cours les a enfin menés à franchir cette toute nouvelle étape internationale, à l’instar des Crown, qui existent depuis maintenant 7 ans et de l’équipe Légion (1 an).

« Je savais qu’on avait fait quelque chose de bien, mais au point d’avoir ce BID, je n’y croyais pas. » Adèle, athlète.

Adèle, athlète dans l'équipe Open COED niveau 3, veut prouver que même après les blessures, on peut revenir plus fort.
Adèle, athlète dans l’équipe Open COED niveau 3, veut prouver que même après les blessures, on peut revenir plus fort.

Les athlètes et coachs expliquent ne pas l’avoir su le jour de la compétition. Certains l’ont appris lorsqu’ils étaient au bar, lors d’un dîner entre amis, d’autres en scrollant sur Instagram. Difficile d’y croire sur le moment pour certains, un temps suspendu avant de réaliser.  « D’abord, il y a la surprise, car c’est inattendu. Ensuite, il y a la fierté. C’est la récompense et la reconnaissance de notre travail », se félicite Cléa, flyer de la team Legion. « C’était fou », souffle Guilhian, base. 

Le prix de la réussite

Un voyage, bien qu’en Europe, représente une énorme somme. « Environ 17 000 € pour le club, puisque trois équipes partent au Summit », confie Océane. Un surcoût qui nécessite l’implication des athlètes. Fatalement, tous n’ont pas forcément les finances qui le permettent. C’est alors que des dispositions d’entraide s’installent. « Une amie prévoyait de se restreindre sur certaines activités de sa vie », livre Adèle, athlète des Dynasty, « alors avec quelques personnes de l’équipe, on s’est proposé de l’aider ». Plus généralement, le cheerleading est un sport-passion qui reste cher, notamment pour les portefeuilles les moins fournis. « Je suis étudiant et j’ai deux jobs pour financer le cheer, mes études et mes frais de vie » nous explique Guilhian. Heureusement pour lui, un élan de solidarité a pu se former : « certains ont participé à la cagnotte, d’autres m’ont donné leurs heures de permanence de bibliothèque pour que je puisse gagner un peu plus d’argent. »

Guihian athlète dans l'équipe Open COED niveau 3, jongle entre ses études, ses deux jobs et sa passion du cheerleading.
Guihian athlète dans l’équipe Open COED niveau 3, jongle entre ses études, ses deux jobs et sa passion du cheerleading.

Un calendrier bouleversé

Un coût financier important, mais l’argent n’est pas le seul enjeu. Remporter un bid est synonyme d’une nouvelle débauche d’énergie à un moment où les jambes ressentent le poids de toute une saison.

Ce Bid, gagné quelques mois avant la date fatidique, a nécessité une organisation soudaine et intense pour les Reign. Prévenu huit jours avant les deadlines. Une date en pleine période de BAC pour les lycéens de l’équipe Crown. Une décision compliquée à accepter pour les parents et un engagement des coachs pour inciter les jeunes à réviser en amont.

Des choix difficiles et contraignants qui se voient également au niveau des athlètes pendant leur préparation. Le quotidien des athlètes est adapté autour des compétitions. Pour beaucoup, les habitudes de vie changent : régimes alimentaires, sport complémentaire. Un engagement parfois au bord du sacrifice. Mélia, étudiante en dehors du prat, a même refusé « un échange universitaire pour pouvoir faire la saison complète ». Pour Océane, la head coach des Reign, la préparation du Summit prend un tournant plus drastique encore : « J’ai démissionné de mon travail dans le commerce, car ce n’était plus compatible avec les entraînements et les compétitions sur les week-ends ».

Océane - Head Coach Légion et Crown au club et co-fondatrice Reign Cheerleaders, a emmené pour la première fois ses équipes au Summit Européen.
Océane – Head Coach Légion et Crown au club et co-fondatrice Reign Cheerleaders, a emmené pour la première fois ses équipes au Summit Européen.

Le Summit : gravir la montagne

Toutes ces équipes ont 4 h minimum d’entraînement, répartis sur deux créneaux dans la semaine. Il y a également des entraînements réguliers les weekends et sans compter les sessions de musculation, d’étirement et les cheer camps. Et, comme tout sport collectif, « il ne faut pas manquer d’entraînement », nous rappelle Mélia. L’année est rythmée par la participation à de nombreuses compétitions et avec des règlements différents. L’équipe Dynasty participe à 7 compétitions et doit apprendre plusieurs routines en une année.

« On ne veut pas seulement performer, on veut vivre chaque seconde, en étant fiers du chemin parcouru. » Océane, head coach

Avoir la chance de se mesurer aux meilleures équipes européennes, c’est la récompense du travail accompli par les athlètes et les coachs sur plusieurs années. C’est aussi une première étape vers plus de confrontations internationales. Au-delà d’une simple compétition, participer à un Summit européen, c’est également de représenter la France à l’étranger. Une sorte de prestige et une fierté pour les compétiteurs. Une expérience hors normes. « On ne veut pas seulement performer, on veut vivre chaque seconde, en étant fiers du chemin parcouru. On emmène aussi une équipe jeune, qui va vivre une expérience unique », conclut Océane.

Aucun regret malgré tout

Avec les Dragons ASCVE, les Gems de Sannois, les Blue Stars, les Xplosion, les Jags, Cheer Excess, LCT, Le Géant, les SCC, ASEAT, les Centaures, Royalty Cheer Unit, Esperance ESCH,Paris Cheer, Neon Athletics, les Reign de Villeurbanne ont su faire honneur au cheer français. 

Si les podiums de Lisbonne n’ont pas vu monter d’équipes françaises, de nombreuses et nombreux athlètes ont déjà pris goût au cheerleading international. « C’est une première expérience au Summit, qui va nous permettre de prendre nos marques à l’international », se réjouit coach Betty, qui pense déjà au coup d’après « on a l’envie de revenir les années suivantes encore plus fortes, et à terme viser un podium, voire une qualification pour les Summit d’Orlando ! »

L'équipe des Crown 7 ans d'existence et toujours plus d'ambition, retournent au Summit Européen en 2027.
L’équipe des Crown, 7 ans d’existence et toujours plus d’ambition, retournent au Summit Européen en 2027.

Avant d’ambitionner Orlando, les Reign ont déjà reçu leur bid pour le prochain European Summit 2027, du moins pour les Crown et Dynasty. Le club compte bien en décrocher un troisième pour Legion. Une belle saison à venir pour les athlètes de Villeurbanne.

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